Le Forum économique mondial (WEF) se montre ambitieux non seulement sur le fond, mais aussi sur le plan organisationnel. Pour ses réunions annuelles, le forum a élaboré des directives détaillées en matière de durabilité, qui s'appliquent tant au programme principal qu'aux nombreux événements parallèles. Elles comprennent notamment une conception économe en ressources, la prévention des déchets et le recyclage, ainsi que l'approvisionnement durable. Le plastique à usage unique doit être évité, les matériaux réutilisés et les excédents alimentaires donnés. La restauration est autant que possible régionale, saisonnière et de plus en plus végétarienne.
Le WEF mise également sur l'efficacité en matière d'infrastructure et de logistique: il souhaite utiliser des constructions temporaires modulaires, réduire la consommation d'énergie et intégrer des initiatives locales dans des projets circulaires. Officiellement, le WEF se considère comme une organisation en voie d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2030, du moins pour son propre fonctionnement.
Le point faible: les trajets aller et retour Malgré ces mesures, un défi majeur subsiste: la majeure partie de l'empreinte écologique n'est pas générée sur place, mais par les trajets des quelque 2500 participants. Les délégués du monde entier, parmi lesquels des chefs d'État et de gouvernement ainsi que des cadres supérieurs, arrivent souvent en avion, et beaucoup d'entre eux en jet privé. Le WEF encourage certes l'utilisation des transports ferroviaires et collectifs et compense les émissions, mais il n'existe pas de bilan global transparent et accessible au public concernant les déplacements. Les détracteurs y voient le problème central: les améliorations organisationnelles dans le déroulement de l'événement sont réelles, mais elles ne peuvent guère compenser les émissions structurelles et l'énorme consommation d'énergie de cette réunion mondiale. Davos reste ainsi un « symbole des tensions entre l'exigence de durabilité et la mobilité de l'élite mondiale ». Les partisans soulignent en revanche l'importance des rencontres personnelles, de sorte que les émissions liées aux déplacements doivent être réduites, mais fondamentalement acceptées. ### Mettre en place des solutions
En ce qui concerne la conception du programme, la durabilité n'est pas seulement présente, elle fait partie intégrante du WEF. Elle traverse tout l'éventail des thèmes abordés. La politique climatique, la transition énergétique, le financement durable, les chaînes d'approvisionnement, l'économie circulaire, la biodiversité ou les inégalités sociales ne sont pas traités de manière isolée, mais discutés comme des défis interdépendants. La durabilité apparaît moins comme une exigence que comme une nécessité économique et géopolitique.
Le WEF mise délibérément sur une approche systémique: la croissance doit être repensée, l'innovation technologique accélérée. Des tables rondes réunissent des décideurs politiques, des chefs d'entreprise, des investisseurs et des organisations non gouvernementales. L'objectif est de trouver des solutions, et pas seulement d'identifier les problèmes.
C'est précisément sur ce point que la critique intervient. Si la durabilité est profondément ancrée dans le programme, les discussions restent largement non contraignantes. Le WEF ne prend lui-même aucune décision politique et n'impose aucune règle. La mise en œuvre de mesures concrètes à l'issue des débats dépend uniquement des acteurs qui rentrent de Davos dans leurs pays, leurs entreprises ou leurs institutions.