Pourquoi la Suisse mise sur le captage du carbone pour atteindre son objectif climatique
Même avec une transition énergétique de grande envergure, la Suisse continuera à produire des émissions résiduelles. Afin d'atteindre l'objectif de zéro émission nette d'ici 2050, les processus de capture, d'utilisation et de stockage du dioxyde de carbone font donc l'objet d'une attention accrue de la part des milieux politiques, économiques et scientifiques.
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• • Elmar zur Bonsen
Les objectifs climatiques sont fixés, le compte à rebours est lancé. Dans la lutte contre le réchauffement climatique, la Suisse souhaite réduire ses émissions de gaz à effet de serre à zéro d'ici 2050. C'est ce qui a été décidé et inscrit dans la loi. Mais il faut se préparer à une chose: même avec un développement maximal des énergies renouvelables, un véritable triomphe de la mobilité électrique et des gains d'efficacité rapides, il restera encore des émissions de CO2 considérables et inévitables, provenant par exemple de la production de ciment, de l'incinération des déchets ou de l'agriculture.
Pour pouvoir réellement atteindre les objectifs climatiques ambitieux, ces émissions résiduelles doivent être « neutralisées » par d'autres moyens. Comme cela ne pourra être réalisé uniquement par des économies, des mesures de reboisement ou une gestion réfléchie des sols, tous les regards se tournent aujourd'hui vers de nouvelles technologies, qui ne sont toutefois que partiellement disponibles à ce jour. Grâce à elles, il serait possible d'éliminer à grande échelle le dioxyde de carbone des gaz d'échappement industriels ou de l'atmosphère et de le stocker de manière permanente. Selon les estimations de la Confédération, cela représenterait environ 12 millions de tonnes de CO₂ par an d'ici le milieu du siècle, soit près d'un tiers des émissions actuelles. Face à des perspectives aussi alléchantes, les États et les grandes entreprises investissent aujourd'hui des milliards dans des projets correspondants.
Comment éliminer le CO₂ de l'air et des gaz d'échappement En Suisse aussi, l'engagement se renforce déjà de manière tangible, notamment grâce à la spin-off de l'ETH Climeworks: Fondée en 2009 à Zurich-Oerlikon, cette entreprise, aujourd'hui leader sur le marché de l'élimination du dioxyde de carbone, exploite des installations permettant de capter directement le CO₂ dans l'atmosphère. De grands ventilateurs aspirent l'air ambiant, un matériau filtrant capte le CO₂, qui est ensuite concentré et injecté dans des couches rocheuses profondes. Ce procédé, également appelé « Direct Air Capture » (DAC), est aujourd'hui utilisé en Islande, mais il présente un inconvénient: il est très complexe, énergivore et coûteux. Les chercheurs de l'ETH Zurich estiment que les coûts encore élevés de l'élimination d'une tonne de CO₂ de l'air diminueront d'ici 2050, mais qu'ils se situeront probablement entre 230 et 540 dollars par tonne, soit nettement plus que les estimations précédentes. Comme l'a récemment montré une visite d'entreprise organisée par le Sustainable Switzerland Circle, Climeworks s'efforce de réduire ces coûts, principalement par une mise à l'échelle progressive, afin de conquérir un marché mondial au potentiel énorme.
Vue de face de deux collecteurs de CO₂ de Climeworks en Islande: les conteneurs aspirent l'air à l'aide de douze ventilateurs afin de séparer le dioxyde de carbone. Photo: PD
Une autre stratégie consiste à capter le dioxyde de carbone directement là où il est produit, par exemple dans les installations industrielles ou les usines d'incinération des déchets. Le gaz est alors extrait des flux de gaz de combustion sur place, puis liquéfié avant d'être stocké. Ce qui semble être une utopie prend de plus en plus forme dans la réalité. En Suisse, il est prévu de capter le CO₂ dans les 29 usines d'incinération des déchets. La première grande installation de ce type pourrait être mise en service dès 2029. ### Que faire du dioxyde de carbone capté?
Malgré tous les progrès déjà réalisés dans ce domaine, il reste encore de nombreux obstacles à surmonter. Les sites de stockage du CO₂ potentiels sont encore peu exploités. Les formations géologiques du Plateau suisse ou du nord de la Suisse sont certes considérées comme potentiellement adaptées, mais elles ont encore été peu étudiées. De plus, l'acceptation sociale est incertaine, comme l'ont montré les débats antérieurs sur la géothermie ou les sites de stockage définitif.
Un projet pilote mené à Trüllikon (ZH) pourrait peut-être aboutir: des chercheurs de l'ETH Zurich analysent actuellement un puits profond désaffecté afin de déterminer si le sous-sol suisse est adapté au stockage permanent du dioxyde de carbone. À l'aide de mesures sismiques et de modèles informatiques, ils étudient si le CO₂ liquéfié peut être injecté dans des couches rocheuses poreuses, où il resterait alors emprisonné de manière permanente.
Parallèlement, la Confédération explore également des possibilités de coopération internationale. À l'avenir, le CO₂ provenant des usines d'incinération des déchets suisses pourrait par exemple être transporté par pipeline ou par bateau vers l'étranger pour y être stocké, par exemple en Norvège, où des sites de stockage offshore sont en cours de création en mer du Nord. Des déclarations d'intention ont déjà été signées à cet effet.
Le terminal CO₂ « Northern Lights » à Øygarden fait partie d'un projet norvégien visant à stocker du dioxyde de carbone sous les fonds marins. Photo: PD
Outre le stockage et l'élimination, une autre utilisation du dioxyde de carbone entre de plus en plus en ligne de compte. Dans ce procédé, appelé « capture, utilisation et stockage du carbone » (CCUS), le CO₂ capturé peut être réutilisé sous forme d'acide carbonique dans les boissons ou lié de manière permanente dans des matériaux de construction tels que le béton. Le groupe Holcim, par exemple, travaille sur différents projets dans ce domaine. En collaboration avec l'ETH Zurich, l'entreprise participe également à un projet de recherche visant à utiliser le CO₂ pour produire de l'énergie géothermique. ### Le captage du carbone reste un complément Malgré de grandes attentes, les experts mettent en garde contre le fait de considérer les nouvelles technologies comme un substitut à la réduction des émissions. Il est généralement beaucoup plus facile et moins coûteux d'éviter le CO₂ que de le recapturer par la suite. Les organisations environnementales abondent dans le même sens: elles y voient une « feuille de vigne technologique » qui pourrait prolonger les modèles économiques basés sur les énergies fossiles. D'un autre côté, les différents procédés de capture du carbone permettent de compenser toutes les émissions qui persisteront à l'avenir dans une économie largement décarbonée.
Dans ses scénarios, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat souligne que sans un captage de CO₂ à grande échelle, les objectifs climatiques mondiaux seront difficilement atteignables. Il insiste également sur le fait que le captage du carbone ne peut pas remplacer la prévention des émissions, mais seulement la compléter. Et cela a un coût. La mise en place d'une infrastructure adaptée nécessite à elle seule des investissements de plusieurs milliards.
Quelles en sont les conséquences pour la Suisse? Grâce à la concentration des forces entrepreneuriales et scientifiques, un nouveau secteur industriel pourrait voir le jour dans notre pays, axé sur le captage, l'utilisation et le stockage du dioxyde de carbone. Il est essentiel que les technologies déjà développées puissent être mises à disposition à grande échelle en temps utile, à des conditions compétitives. Les approches suivies jusqu'à présent semblent en tout cas prometteuses.
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